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Byblos
par Carine MANSOUR
Pepe's Fishing Club à Byblos par Karan Jain - Mon Liban
Jbeil, située à 40 Km au nord de Beyrouth, sur la côte méditerranéenne, est une des villes continuellement habitées les plus anciennes au monde, à l’instar de Damas, Jéricho ou Athènes. Elle est classée au Patrimoine de l’Humanité depuis 1984.
Fondée il y a plus de 7000 ans, Jbeil est la plus ancienne des cités mythiques de Phénicie. Son histoire est contemporaine à celle de Saida (Sidon) et Sour (Tyr). A l’époque, la côte du Proche-Orient est habitée par un peuple de langue sémitique. Les habitants de Gubla, un village de pêcheurs, découvrent l’agriculture (-5000), puis le cuivre (-3500). A partir de -2800, avec le développement, grâce au port, du commerce avec l’Egypte, Gubla devient une cité-Etat, c’est-à-dire une ville muraillée avec un roi, des prêtres et un dieu propre. Le temple de la « dame de Gubla », en forme de L, est construit. Métallurgistes, potiers, soldats et pêcheurs y habitent et travaillent côte à côte. Ils se font appeler les Cananénens.
Berceau de l’alphabet
En -1530, Gubla passe sous contrôle égyptien, puis Hittite (-1350), et à nouveau égyptien (-1271). Elle devient ensuite indépendante (-1100). Le commerce fleurit, non seulement avec l’Egypte des Pharaons, mais aussi avec les Mycéniens de Grèce. Excellents commerçants, les Cananéens sillonnent la Méditerranée où ils y créent des comptoirs et envoient leurs caravanes jusqu’en Mésopotamie.
Les Grecs les baptisent « Phéniciens », dérivé d’un terme grec signifiant « de couleur rouge », en raison d’une teinture rougeâtre, la pourpre, qu’ils transportent et dont eux seuls connaissent le secret. C’est l’époque du roi Ahiram, dont le sarcophage fut découvert en 1920. L’inscription qui y est gravée est l’exemple le plus ancien de l’alphabet phénicien (-1000). Les « fils de Gubla » travaillent l’or, l’argent, le bronze, l’ivoire et le bois. Ils confectionnent le verre et les bijoux.
En -539, la côte est envahie par les Perses. Le commerce connaît un nouvel essor. Comme Sour et Sidon, Gubla frappe sa propre monnaie. En -333, Alexandre le Grand débarque sur la côte et hellénise la région. Gubla prend le nom de Byblos, qui veut dire « papyrus » en grec. Elle est la capitale du commerce de ce matériau. Au VIIe siècle, les musulmans conquièrent la région. Byblos prend le nom de Jbeil. En 1100, les Croisés qui occupent la côte, l’appellent à leur tour Gibelet et y construisent la citadelle, ainsi que plusieurs églises, dont la plus ancienne est Saint-Jean Marc. Lorsque Saladdin arrive à Gibelet, il démonte les murs de la citadelle (1187). La région passe ensuite sous contrôle mamelouk (1291), puis ottoman (1516). C’est durant ces deux périodes que sont construits les charmants souks qui, aujourd’hui, concentrent l’activité touristique et nocturne.
Byblos, quelque peu oubliée après la guerre, est redevenue une destination de choix pour les visiteurs, Libanais ou étrangers, notamment depuis 2003, avec plusieurs initiatives comme le prestigieux Festival international de Byblos qui se déroule chaque été en juin et juillet avec comme toile de fond, tantôt la citadelle tantôt le port.
Mais surtout, la principale attraction de Byblos est son vieux port et les cafés-restaurants qui le bordent, notamment le mythique Byblos Fishing Club (depuis 1962) dont le fondateur, le légendaire Pépé Abed, est décédé depuis 5 ans. Ces établissements lui donnent des allures de Saint-Tropez.
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